Avouez-le, au moins une fois vous vous êtes dit “j’aurais mieux fait de me taire !”… n’est-ce pas ?

En réalité, pour la plupart des gens (y compris moi !), ce “j’aurais mieux fait de me taire” est revenu souvent, trop souvent.

Dans ce court article, nous allons évoquer le pouvoir de la parole mesurée. Il ne s’agit pas de tous nous transformer en “taiseux” ou de faire voeux de silence comme des moines ou des hermites. Non, l’immense majorité d’entre nous n’en simplement pas capable. En revanche, nous pouvons tirer beaucoup en sachant retenir notre parole quand ce n’est pas nécessaire, c’est-à-dire la plupart du temps.

Utile et efficace avec tout le monde

Avec votre conjoint, avec votre patron, avec vos clients, avec vos collaborateurs, avec votre famille et même avec vos amis, dites-en le moins possible. Laissez-les parler d’abord et vous aurez, d’entrée de jeu, un immense avantage.

Ce quasi-silence est un jeu gagnant pour tous. En procédant ainsi, vous allez apprendre beaucoup (l’écoute active est une position puissante) et cela va vous permettre de choisir le bon argument. Ensuite, quand ça sera votre tour de parler (n’ayez crainte, ça arrivera forcément), votre sobriété ne fera que renforcer votre point de vue lui donnant la force de l’évidence. Un argument valable n’a pas besoin d’être détaillé en long et en large, au contraire. Plus vous en dites et plus vous affaiblissez votre position. Un discours fort c’est un discours bref qui ne laisse pas de place au doute.

On en dit toujours trop

J’ai conscience d’enfoncer ici des portes ouvertes. Chacun sait que le silence est d’or et qu’on en dit toujours trop. Alors, comment faire pour embrasser cette sobriété de paroles qui va faire grimper votre niveau ?

Il ne s’agit pas de se taire complètement et tout le temps. On a déjà admis que ce n’était ni possible ni souhaitable. En revanche, vous pouvez accompagner la parole des autres avec des simples “hum, hum”, et autres “oui”, “c’est vrai”, “en effet” qui jouent bien leurs rôles en tant que facilitateur de l’échange.

Mais là n’est pas l’essentiel. Le vrai truc se situe au fond de soi et le voici : à chaque fois (j’insiste “à chaque fois”) que vous allez argumenter (et pas seulement participer discrètement à la conversation), posez-vous la question, la seule question qui en vaille la peine, “est-ce que je vais dire va me servir positivement ?”. Posez-vous systématiquement cette question et tâchez d’y répondre honnêtement. Si la réponse est un oui franc et massif dénué de doute et d’arrière-pensée, alors allez-y. Mais s’il reste la moindre hésitation, la plus petite incertitude, taisez-vous, laissez passer le moment et attendez la prochaine occasion qui ne manquera pas de se présenter.

Les gens parlent trop, hélas

Regardez autour de vous et vous verrez que tout le monde gagnerait à en dire moins !

Il y a les inévitables bavards qu’on rêverait de faire taire une bonne fois pour toutes… mais ils sont loin d’être les plus nuisibles, hélas. La plupart de gens parlent (trop) pour ne rien dire d’intéressant. Ce n’est pas trop surprenant en fait, ceux qui ont réellement des choses à dire se taisent le plus souvent faute de trouver un public adéquat. Comme le disait Lao Tseu “ celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas”. Les personnes ordinaires, hélas, l’ouvrent à tort et à travers. Faites un pas de côté, cessez de ressembler à ces gens-là, haussez votre niveau de jeu, dites-en moins.

 


Article invité, rédigé par Alain Lefevbre sur le blog de Bertrand Jouvenot.