Pourquoi « aller sur Internet », puisque nous y sommes déjà ?
L’expression « aller sur Internet » n’a plus aucun sens. la reconnaissance faciale et vocale nous relient en permanence à Internet, brouillant de plus en plus les cartes entre monde réel et monde virtuel.
Le digital en général et l’IA en particulier brouillent de plus en plus les frontières qui séparaient hier encore le monde réel du monde virtuel. Pendant longtemps, nous avons accédé au monde numérique via des terminaux comme des ordinateurs ou des smartphones. Les progrès permettant la reconnaissance faciale par exemple, ou même de nos voix, multiplient les points de contact entre nous et le monde digital. Si bien que lorsque nous commandons un pizza, en parlant à une borne reliée à internet, assis sur notre canapé, sommes-nous dans le monde physique ou le monde digital ? Quand notre réfrigérateur nous signalera qu’il n’y a plus de bouteilles d’eau et qu’il vient d’en recommander un pack, appelle la même question. La frontière entre physique et virtuelle s’estompe. Nous n’allons plus sur Internet puisque nous y sommes.
Ce phénomène est ce que kai-Fu Lee, l’une des sommités dans le domaine de l’intelligence artificielle, appelle l’OMO (Online-merge-offline), merge signifiant fusionner. Nos centres commerciaux de demain seront vraisemblablement des espaces dans lesquels nous effectuerons des mouvements (pousser un caddie), aurons des expressions (être surpris en voyant le prix d’un article en rayon), échangerons des informations (discussions avec le voisin rencontré dans le rayon fruits et légumes) que des intelligence artificielles viendront exploiter. Ce future proche, aux airs de science fiction est déjà là. En Chine, les enseignes KFC se sont associés à Alipay (système de paiment mobile d’Alibaba) pour installer dans les restaurant des systèmes de paiements par reconnaissance faciales. Une borne électronique permet au client de scanner lui-même ses articles et de laisser la machine scanner ensuite son visage pour qu’elle se connecte à son compte Alipay. Plus besoin de carte de paiements, de monnaie, ni même de smartphone. Le dispositif contrôle même que le client est bien présent, en chair en en os, afin d’éviter que quelqu’un puisse payer en utilisant une photo du visage de quelqu’un d’autre.
Il y a cinquante à peine, l’habitué d’un restaurant y avait son ardoise. Il s’installait, déjeunait et partait sans payer. Le patron qui le connaissait, inscrivait sur son ardoise ce qu’il avait consommé pour lui présenter le total de ce qu’il devait en fin de mois. Des progrès considérables de la technologie pourront bientôt rendre ce même service à des clients désormais connus de machines, mais pas de ceux qui les ont installées dans le restaurant.