300 fondateurs de startups, serial entrepreneurs et directeurs de fonds d’investissement partagent leurs meilleurs secrets de productivité. Autant d’astuces et techniques que chacun peut mettre en œuvre immédiatement. La promesse du livre La 25e Heure fait rêver. Plus une minute à perdre, nous avons interviewé Guillaume Declair, co-auteur.

 

 

 

Bonjour Guillaume Declair, pourquoi avoir écrit ce livre… et pourquoi faut-il le lire aujourd’hui ?

 

Guillaume Declair : De plus en plus d’ami.e.s autour de nous se plaignaient de travailler trop, certains ont même connu des burn out… c’est le syndrome d’une époque : les cadres travaillent de plus en plus. Leur temps de travail hebdomadaire a augmenté d’une heure et demie en 10 ans ! C’est ce qu’on a appelé le paradoxe du progrès : les machines ont permis à la population ouvrière de travailler moins (même si on ne dit pas que leur vie est idéale), alors que les nouvelles technologies n’ont fait qu’augmenter le temps de travail des cadres. En un sens, on pourrait dire que les “cols blancs” sont devenus aussi des “cols bleus”.

 

Pourquoi ? Parce qu’on passe sans cesse d’une tâche à l’autre sur ses ordinateurs ou ses smartphones, on est inondé d’e-mails et de messages qui nuisent à sa concentration… Les nouvelles technologies ne devraient pas nous accabler de travail, mais au contraire nous en libérer. Au lieu d’en subir la pression permanente, apprendre à en tirer parti pour s’organiser, se concentrer et accélérer sa vitesse de travail.

 

Si on a écrit ce livre, c’est donc pour aider les gens à changer leur rapport au travail, de devenir maître de leurs outils au lieu d’en être les victimes.

 

 

 

Une page de votre livre, ou un passage, qui vous représente le mieux ?

 

 

G.D. : Pour mieux comprendre notre intention, mieux vaut lire… notre conclusion. Une plus grande productivité doit se faire au service du travailler moins, pas du travailler plus. C’est pour cela que les derniers mots du livre sont les suivants :

 

Personne ne s’est jamais dit sur son lit de mort : « j’aurais aimé passer un peu plus de temps au bureau. » Si vous êtes parvenu à augmenter votre productivité, vous êtes en droit d’investir votre temps dans des activités non rémunérées : profiter plus de vos amis et votre famille, bosser sur des projets qui vous passionnent, vous former sur de nouvelles compétences, faire du volontariat… Ces activités peuvent être sources de bonheur, mais peuvent également vous nourrir personnellement. Considérez ces moments de pause comme des périodes de « jachère » qui pourraient faire naître des opportunités payantes sur le long terme. L’avenir appartient à ceux qui travaillent moins.

 

 

 

Les tendances qui émergent à peine et auxquelles vous croyez le plus ?

 

 

G.D. : On croit beaucoup au “no code”, qui permet de développer ses propres outils sans aucune connaissance informatique. Dans le monde, seul 0,2% de la population maîtrise le langage informatique : c’est un énorme goulet d’étranglement à l’entrepreneuriat. Or, les 99,8% restants sont aussi capables de créer des entreprises ou de construire des outils… Bref, le “no code” est libérateur !

 

 

 

 

Si vous deviez donner un seul conseil à un lecteur de cet article, quel serait-il ?

 

 

G.D. : Pour nous, le meilleur conseil, c’est forcément un de ceux que les gens qu’on a interrogés nous ont répété le plus souvent, car ça prouve qu’il fonctionne pour un maximum de monde. Un de ces conseils, c’est la “puissance du non” : plus on avance dans sa carrière, plus on est soumis à des sollicitations, plus il faut dire non. Alors comment y arriver ?

 

Mais on ne peut y réussir qu’à condition d’avoir très clairement défini ses objectifs. Sinon on ne va pas réussir à identifier les choses auxquelles dire non, et on va passer sa journée à travailler pour les autres et non pour soir.

 

Enfin, il faut oublier l’idée reçue que dire non peut vexer un interlocuteur. En fait, c’est souvent le contraire, si on dit oui trop souvent, on risque d’être à moitié motivé, et donc de décevoir…

 

 

 

En un mot, quels sont les prochains sujets qui vous passionneront ?

 

 

G.D. : Si on le pouvait, on donnerait aujourd’hui une dimension plus politique au livre. En effet, si les gens travaillent beaucoup, c’est aussi qu’on leur fixe des objectifs trop ambitieux… Or, d’où viennent ces objectifs ? D’entreprises qui veulent grossir toujours plus, au lieu de juste vouloir faire mieux. Bref, il serait intéressant de comprendre d’où vient ce culte de la croissance à tout prix et de proposer des modèles alternatifs d’entreprise.

 

 

Merci Guillaume

 

 

Merci Bertrand

 

 


Le livre : La 25e Heure: Les Secrets de Productivité de 300 Startuppers qui Cartonnent, Guillaume Declair, Bao Dinh, Jérôme Dumont, 2017.