S’informer est une chose, apprendre une autre. Une différence fondamentale qui anime le fondateur de Clind, la  start-up qui vous accompagne dans votre routine de learning avec un buddy : la curation partagée. Écoutons Gilles Chetelat nous parler de son entreprise et voyons ce que nous pouvons apprendre de cette master class.

Bonjour Gilles, quel problème vous proposez vous de résoudre avec votre start-up ?

Gilles Chetelat : Internet est devenu un réflexe quand il s’agit d’apprendre. 80% des millenials se tournent automatiquement vers Google ou Youtube pour y trouver le contenu d’apprentissage recherché. Google se révèle être un bon outil pour trouver un contenu d’information. Par contre, quand il s’agit de trouver un contenu d’apprentissage, la force de la recommandation ou de la curation de contenu entre pairs se révèlent très souvent plus efficaces que Google. Dernièrement, je cherchais sur Youtube une vidéo à partager avec des néo entrepreneurs sur le sujet « Qu’est ce que la levée de fonds? » et au bout de 20 minutes de recherche, j’ai dû me résigner à scripter moi même les fondamentaux que je souhaitais partager en m’appuyant sur mon expérience. Dans cet exemple, Youtube m’a fait perdre 20 minutes; autrement dit Internet a doublé mon temps de travail sur un sujet pourtant simple.

Quelle est votre recette magique ?

G.C. : De façon paradoxale, on peut sans doute apprendre énormément sur Internet. Les contenus sont innombrables, gratuits et de bonne qualité. Par contre, consommer un contenu digital (lire un article, écouter un podcast ou regarder un tuto) n’est pas suffisant pour apprendre un concept. Il suffit de se demander si on peut devenir un cuisinier étoilé simplement en regardant des vidéos. On comprend aisément que la pratique, l’action est ce qui permet d’ancrer un savoir. Pour un contenu digital, une fois identifiée la bonne ressource (grâce à la curation personnelle ou collaborative), le fait de travailler son esprit de synthèse, ce qu’on appelle aussi la réflexivité, est le 1er passage à l’action qui est essentiel. Travailler cette routine de curation, de consommation et de synthèse est la base de l’application Clind.
Clind permet ainsi de gagner du temps et de travailler son bien être en apprenant un peu chaque jour à apprendre dans son domaine de prédilection.

Pourriez-vous me parler d’un sujet relatif à votre domaine, que nous ne connaissons pas et nous apprendre quelque chose à son propos ?

G.C. : La vie d’entrepreneur est pour moi l’expression d’un apprentissage en continu. Chaque jour est une occasion d’apprendre des compétences nouvelles. Les entrepreneurs qui réussissent maîtrisent en général parfaitement l’art de l’apprentissage, ils savent apprendre à apprendre.
J’ai moi même commencé ma carrière en salariat en grandes entreprises; j’ai ensuite dû apprendre le métier d’entrepreneur, qui est est bien différent à beaucoup d’égard.

Quelle question sur votre projet aimeriez-vous qu’on vous pose ?

G.C. : J’aimerais qu’on me demande « si je suis satisfait d’Internet aujourd’hui ». Et sans renier ses bénéfices, j’ai le regret d’affirmer qu’Internet et notamment les réseaux sociaux ont un impact néfaste sur la nature humaine. Des jeunes deviennent accrocs aux réseaux sociaux et y perdent leur estime d’eux même ce qui a contribué à multiplier par 3 le taux de suicide chez les jeunes de la génération Z. Le sujet est préoccupant et je pense que la crise que nous traversons est aussi l’occasion de réinventer Internet. Le monde digital peut devenir plus utile, plus éthique, plus humain. La mission de Clind s’inscrit aussi dans cette vision.

Quelle entreprise, autre que la vôtre bien sûr, auriez-vous été fier de créer et pourquoi ?

G.C. : SpaceX est un pari incroyable et un peu fou. Qui aurait pensé qu’une startup pourrait réussir à lancer des fusées en orbite et de les faire revenir intactes sur terre (ou sur mer) pour pouvoir les réutiliser. Je ne suis pas spécialement un fan d’astronomie mais SpaceX démontre qu’un rêve peut être réalisé grace à la méthode startup, avec de petits moyens, beaucoup d’audace et de persévérance. Je recommande vivement la bio d’Elon Musk écrite par Ashley Vance qui détaille les coulisses de cet exploit des temps modernes.

Quel message feriez-vous passer si vous deviez donner une conférence à TED ?

G.C. : Je ne suis pas satisfait de l’Internet de 2020… et je ne suis pas le seul. Comment réinventer l’Internet post 2020? Comment vraiment le réinventer pour qu’il soit vraiment bénéfique à l’humanité toute entière. Comment être plus transparent? Quels business modèles sont alignés avec ce souhait de business plus éthique? Une formidable opportunité se présente à nous en 2020 pour faire d’Internet un monde meilleur. Sachons saisir cette opportunité, chacun à notre échelle.

Quels sites trouve-t-on dans vos favoris ?

G.C. : Une manière de savoir comment vous équilibrez vie perso et vie pro, de découvrir vos centres d’intérêts, vos hobbies, vos passions…
Avec le confinement, j’ai appris à maîtriser Zoom, j’ai découvert Netflix et j’ai continué à aller chercher l’information quand je le souhaite et quand je le souhaite.
J’écoute énormément de podcasts sur Spotify et je suis un fan de Strava pour travailler ma routine de running. LinkedIn et Twitter sont aussi des sources d’inspiration mais je les pratique modérément.
Enfin Clind est bien évidemment devenu mon compagnon journalier pour travailler ma routine de learning. J’écris de petites synthèses tous les jours (mes takeaways) et j’ai plaisir à apprendre des autres et de partager ce que j’apprends.
Merci Gilles Chetelat
Merci Bertrand
Poursuivez votre learning avec Clind. C’est pas ici.