Les entreprises recrutent en insistant sur le quoi et non le pourquoi. Qu’est-ce que fera le candidat leur importe davantage que le pourquoi il le fera. Pourtant, déceler pourquoi le candidat souhaite faire les choses augmente les chances de succès de la future collaboration. L’histoire inspirante de l’Esperance, une exploration qui tourne au fiasco mais engendre une aventure humaine extraordinaire, en apporte la preuve.

 

Recherchons hommes pour une aventure hasardeuse. Faible salaire, froid garanti, longs mois de nuits complètes, danger permanent assuré, chances de retour peu probables. Honneurs et reconnaissance en cas de succès.

 

C’est avec ces mots, d’une annonce paru dans le Times, que l’explorateur Ernest Shackleton a recruter le hommes qui allaient participer à une aventure humaine exceptionnelle, sur fond d’une exploration désastreuse.

 

Au début du XXème siècle, l’aventurier Ernest Stackleton se met en tête de d’explorer l’Antarctique. Le norvégien Roald Amundsen vient tout juste de mettre un pied au pôle Nord, ouvrant la porte à une nouvelle conquête potentielle : la traversée du pôle sud. L’expédition doit démarrer de la mer glacée de Weddel, en dessous de l’Amérique du sud et se poursuivre sur 1700 miles jusqu’à la mer de Ross, en dessous de la Nouvelle Zélande. Le coût de l’expédition, qui sera le plus long séjour jamais réalisé dans le pôle sud, est estimée à 250 000 dollars.

 

Le 3 décembre 1914, Ernest Stackleton et 27 hommes embarquent dans l’Endurance, un cargo de 350 tonnes dont la construction a été financée par des donateurs privés, le gouvernement britannique et la Royal Geographical Society. La guerre faisant rage en Europe, l’argent se fait plus rare et se sont des donations d’écoliers de la couronne qui financent la meute de chiens qui participeront à l’aventure.

 

L’Endurance n’atteindra jamais l’Antarctique. Seulement quelques jours après son départ, l’Endurance croise de plus en plus de bloques de glace et fini prisonnier de la glace, en plein hiver. L’équipage restera coincé plus de dix mois, avant que le navire ne finisse pas être broyé par la pression de la glace. Tandis que les uns campent sur la glace pendant des mois, Ernest Stackledon part avec une poignée d’homme chercher du secours, s’aventurant dans une marche hasardeuse et périlleuse de 800 miles.

 

Le plus étonnant dans cette aventure qui se soldera pas aucun mort, ni mutinerie, est la cohésion du groupe. La raison est simple : Ernest Stackledon a su trouver les hommes qu’il fallait pour la situation. Son annonce paru quelques mois plus tôt dans le Times lui avait assuré de recruter des hommes animés par une quête, un désir, une envie, une raison profonde de faire les choses. Les vingt-sept homme n’avaient pas embarqué avec Ernest Stackledon pour ce qu’il allait faire, mais pourquoi il allait le faire.

 

Aujourd’hui nos entreprises recrutent et tentent d’attirer leurs candidats en se focalisant et les focalisant sur le quoi. Généralement une liste de compétences et de qualités sont listées dans une annonce expliquant le ce que le candidat devra faire (le quoi). Le pourquoi il le fera, est souvent relégué au second plan, quand bien même il est le plus généralement occulté.

 

 

Dans un monde où le désamour entre l’homme et l’entreprise tend à se creuser, faute souvent d’une raison profonde pour laquelle les collaborateurs ont à se lever le matin, il est temps de réagir. Verrons-nous peut-être un jour des annonces de recrutement annonçant réellement la couleur, promettant moins, ne racontant plus un idéal auquel de moins en moins de monde ne croit d’ailleurs, mais expliquant pourquoi la mission de l’entreprise vaut la peine qu’on mouille la chemise ?

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Recrutement - Pourquoi faut il demander pourquoi ?
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En recrutement, déceler pourquoi le candidat souhaite faire les choses augmente les chances de succès de la future collaboration.
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