Wall Street s’est toujours plu à élire les meilleurs hommes d’affaires de leurs temps. Si les champions d’hier étaient américains, la roue pourrait bien tourner en direction de l’Asie.

 

 

La littérature d’entreprise a successivement consacré des hommes d’affaires hors normes tels qu’Henry Ford, Lee Iacoca, Jacques Welch, Bill Gates ou Steve Jobs. Si Jack Welch, le légendaire PDG de General Electric a occupé le devant de la scène à la fin du vingtième siècle, le début du siècle étant naturellement dévolu à Henri Ford, c’est vers Steve Jobs que se sont récemment braqués tous les projecteurs. Projecteurs occidentaux, oubliant un peu vite l’arrivée en force d’une nouvelle génération d’entreprises et surtout les visages de dirigeants qui pourraient tôt ou tard ravir le titre de meilleur PDG du début du siècle, décerné par une autre puissance que Wall Street cette fois-ci. Tour d’horizon des candidats en lice.

 

 

Jeff Bezos

Jeffrey Bezos, dit Jeff Bezos, né en 1964, est le fondateur, principal actionnaire et président-directeur général (PDG) d’Amazon.com. L’entreprise a débuté dans la vente de livres en ligne, puis a élargi son offre avec de nombreux produits et services. Bezos est également le fondateur de l’entreprise aérospatiale Blue Origin, qui a réalisé ses premiers vols d’essai en 2015, et le propriétaire du Washington Post depuis 2013.

Il est devenu, en novembre 2017, la personne la plus riche du monde, avec une fortune estimée à plus de 100 milliards de dollars américains.

 

 

Larry Page et Sergey Brin

Larry Page et Sergey Brin, sont les cofondateurs du site internet et moteur de recherche Google. Ils ont travaillé sur un projet de moteur de recherche internet qui deviendra Google en 1998. En inventant le procédé PageRank de classement des pages Web en fonction de leur popularité, et non plus du nombre de fois où elles font apparaitre le mot recherché, ils révolutionnent le monde des moteurs de recherche et détrône la société Yahoo! Ils codirigent la société mère de Google, Alphanet Inc., dont le nom est un jeu de mot (en anglais) : alpha-bet (to bet on the alpha) signifiant : parions sur l’alpha, c’est à dire l’infini, montrant combien les deux garçons ont encore pleins de projets.

 

 

Mark Zuckerberg

Mark Elliot Zuckerberg, dit Zuck dans la Silicon Valley, né en 1984, est le cofondateur du site Internet de réseau social Facebook dont il est le président-directeur général. Facebook a été créé en 2004 par Zuckerberg et ses camarades étudiants de l’université de Harvard, Eduardo Saverin, Dustin Moskovitz et Chris Hughes.

En 2010, Mark Zuckerberg est désigné « Personnalité de l’année » par le magazine Time et personnalité la plus influente du monde, suivi de Steve Jobs. Selon le magazine Forbes, sa fortune personnelle est estimée à 71,8 milliards de dollars américains. Il est donc placé cinquième sur la liste des milliardaires du monde de Forbes.

 

 

Elon Musk

Tesla, Inc., est un constructeur automobile de voitures électriques sportives et de luxe, située dans la Silicon Valley. L’entreprise a été fondée en 2003 et tient son nom de l’inventeur Nikola Tesla. Elon Musk en est le fondateur et dirige conjointement d’autres sociétés révolutionnaires telles que Palantir (big data), The Boring Company (projet Hyperloop), SolarCity (énergie renouvelable), SpaceX (aérospatiale), Neuralink (neurotechnologie).

 

Face aux géants de l’internet, les GAFA (Google, Apple, Facenook, Amazon) la Chine avance ses pions. On parle désormais des BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi). Baibu étant l’équivalent d’un Google chinois, Alibaba d’un Amazon, Tencent d’un Facebook et Xiaomi d’un Apple.

 

 

Li Yanhong (李彦宏) et Eric Xu (徐勇)

Baidu (chinois simplifié : 百度) est le moteur de recherche chinois équivalent à Google. Fondé par Li Yanhong (李彦宏) et Eric Xu (徐勇) en janvier 2000 à Pékin, Baidu est devenu très rapidement Numéro 1 grâce à sa technologie de recherche en mandarin. ll est le site le plus consulté de Chine, en 2016, était le quatrième site le plus consulté au monde. Baidu veut dire « Cent degrés » en chinois. Face à Google, son slogan est « Baidu connaît mieux le chinois ».

Baidu a été introduit en bourse au Nasdaq de New York et ses premières cotations ont affolé le marché, passant en quelques heures de 27 à plus de 122 dollars, soit une progression de 354 %. Aujourd’hui, Baidu traite plus de 200 millions de recherches avec 10 000 employés.

Baidu suit les consignes du ministère de la sécurité publique et filtre les questions comme les réponses. Du 28 avril au 3 mai 2008 par exemple, les recherches portant sur Carrefour, les hypermarchés français, très implantés en Chine, recevaient pour réponse « Cette recherche n’est pas autorisée actuellement ».

 

 

Jack Ma

L’e-commerce en Chine a démarré bien différemment qu’aux Etats-Unis ou en Europe. Son véritable coup d’envoi a été donné par la société Alibaba, qui a commencé par mettre en relation des acheteurs et des vendeurs avec une logique très BtoB. Alibaba Group (chinois simplifié : 阿里巴巴集团 ) est une société chinoise, fondée par Jack Ma, à capital privé et détenue par une famille qui tire principalement ses revenus de ses activités de marketplace sur Internet, dont un marché public destiné à faciliter les échanges entre entreprises (qu’ils soient internationaux ou chinois), une solution de paiement (AliPay) et de ventes au détail, un moteur de recherche pour le shopping et des services de cloud computing.

Souvent comparé à Amazon, Alibaba est avant tout une société proposant un service BtoB, d’achat en volumes de produits. Un restaurateur y achètera des centaines de verres, d’assiettes et de nappes. Une autre entreprise y commandera des centaines de téléphones, de bureaux et d’ordinateurs portables.

Alibaba est cotée à la bourse de New York depuis le 19 septembre 2014. Son introduction en bourse détient le record de la plus importante introduction au monde pour un montant de 25 milliards de dollars.

Si Jack Ma a désormais quitté son poste de PDG de son groupe il n’en reste pas moins une personnalité très marquante qui devrait continuer à nous surprendre.

 

 

Ma Huateng et Zhang Zhidong

Tencent est une entreprise spécialisée dans les services internet et mobiles ainsi que la publicité en ligne. Son siège est situé à Shenzhen, en Chine. La société a été fondée par Ma Huateng et Zhang Zhidong.

Son produit phare, WeChat est devenue une sorte de mixte entre Facebook, Twitter et HotMail dont les chinois ne peuvent plus se passer. WeChat est une application mobile de messagerie textuelle et vocale. Elle permet également les appels audio et vidéo. L’application est très populaire en Chine et compte plus d’un milliard de comptes dans le monde. Elle est disponible dans d’autres langues depuis 2012, date du lancement en dehors de la Chine. Son expansion à l’international comprend l’Inde notamment.

Les services proposés par Tencent incluent des réseaux sociaux, des portails web, de la vente en ligne et des jeux en réseau. La société gère aussi le service de messagerie comme QQ (l’équivalent d’un Hotmail chinois), de messagerie instantanée Tencent QQ (sorte de Messenger) et opère surtout l’un des plus importants portails web en Chine : QQ.com.

 

 

Lei Jun

Xiaomi (chinois simplifié : 小米科技) est une entreprise chinoise d’électronique grand public et d’informatique, basée à Pékin et spécialisée dans la téléphonie mobile. Elle a été créée par Lei Jun.

En 2014, Xiaomi était valorisée à 46 milliards de dollars.

Depuis, Xiaomi s’est diversifiée dans plusieurs domaines tout en devenant le cinquième constructeur mondial de smartphones, en gagnant régulièrement des parts de marché face à Samsung ou Apple.

Xiaomi fabrique également des tablettes, des bracelets connectés, des batteries externes, des écouteurs et casques Hi-Fi, des manettes de jeu, des équipements pour les maisons connectées, des caméras miniatures, des box, des routeurs et des télévisions intelligentes. Depuis 2015, Xiaomi est également opérateur téléphonique. En juillet 2017, Xiaomi annonce son arrivée sur le marché des assistants connectés en Chine avec le Mi AI Speaker.

 

 

Ren Zhengfei

Ren Zhengfei (chinois simplifié : 任正非) est un entrepreneur chinois, fondateur et président-directeur général de Huawei Technologies. Il est un ancien cadre de l’Armée populaire et un membre du Parti communiste chinois.

Le métier historique de Huawei est la fourniture de réseaux de télécommunication aux opérateurs : l’entreprise fournit des matériels, des logiciels et des prestations de services pour les réseaux de télécommunications des opérateurs et les réseaux informatiques des entreprises.

Aujourd’hui, Huawei est un fournisseur de solutions numériques en terminaux, réseaux et cloud, pour les opérateurs, entreprises et consommateurs. Ses produits et solutions sont déployés dans plus de 170 pays.

En 2018, Huawei était le deuxième constructeur mondial de smartphones derrière Samsung et devant Apple. La formidable progression du groupe a attiré tous le regards ces derniers temps et un début de consensus émerge, du moins en France, pour considérer Huawei comme un modèle en terme de digitalisation d’entreprise.

 

Zhou Hongyi

Parfaite incarnation de l’entrepreneur gladiateur, que Zhongguancun (la Silicon Valley chinoise) a produit en nombre, Zhou Hongyi incarne à merveille un capitalisme féroce permettant la création d’entreprises gigantesques. Multi milliardaire et gagnant régulièrement des places dans les classements des hommes les plus riches de Chine ou du monde, il est le fondateur de Qihoo 360, est une entreprise spécialisée dans la sécurité sur internet. Lui ou d’autres entrepreneurs qui l’auront tué d’ici là, ou qu’il sera lui-même parvenu à évincé dans un univers impitoyable qu’est devenue la Silicon Valley chinoise, pourraient venir rallonger cette listes.

 

 

A moins que le futur Steve Jobs ne se cache à la tête d’une société coréenne comme Samsung ou Naver, ou indienne comme Tata Group, Mahindra & Mahindra ou Jain Irrigation. Mais en réalité, derrière le choix d’un homme devenu le symbole d’un monde qui change, se cacherait d’autres mutations ? Comme la difficulté grandissante des Etats-Unis à faire valoir leur statut de leader économique, technologique et idéologique d’un capitalisme façonné à leurs mesures. Ou, l’impossibilité pour un seul homme de succéder à Steve Jobs, comme dans le monde scientifique où les médailles sont désormais rarement décernées à un seul homme, mais davantage à des équipes… Le PDG du 21ème siècle sera peut être une équipe plus qu’un seul homme.