Les entreprises n’ont plus d’autre choix que de gérer simultanément l’activité qui les a fait vivre jusqu’ici et celle qu’il faut développer pour rester compétitives dans la nouvelle économie. Avec la création d’Alphabet, Google leur a montré la voie, en identifiant un point stratégique et mystérieux.

 

 

La manière très particulière dont Google est organisée semble s’inspirer des principes de la thermodynamique. Les dirigeants de la firme de Mountain View tentant de maintenir un équilibre entre trois états contradictoires au sein d’une même entreprise. A l’instar de la thermodynamique qui fut le moteur de la révolution industrielle, cette gestion en G inventée par Google alimentera-t’elle la flamme de la révolution numérique ?

 

En créant la société Alphabet en 2015, Google n’a pas simplement réalisé une opération de communication. La firme de Moutain View a surtout mis au cœur de son organisation un principe fondamental de la thermodynamique. Dans cette discipline, l’eau peut connaître trois états distincts : solide (la glace), liquide (l’eau) ou super liquide (la vapeur). Sous la combinaison d’une certaine pression et d’une certaine température, il devient possible à l’eau d’être simultanément dans les trois états à la fois. Et c’est bien ainsi qu’Alphabet a organisé ses activités. Son moteur de recherche Google et ses dérivés forment la composante solide de l’entreprise. A l’autre extrême, les activités du X labs (anciennement Google X) comme les ballons stratosphériques, ou les recherche sur le diabète composent sa partie super fluide. Entre les deux, les activités anciennement super fluides et devenues commercialisables comme les véhicules autonomes (Waymo) constitue sa partie fluide.

 

La force de Google est donc de savoir se projeter dans l’avenir en intégrant que ce qui est absolument nouveau aujourd’hui (super fluide) deviendra rapidement ancien (solide) au risque de ressembler à de la glace et de ne plus pouvoir évoluer. En procédant à une sorte d’auto-disruption permanente, la firme accepte la coexistence de cultures internes, requérant des compétences, des management et des investissements spécifiques et pouvant facilement muter d’un état à l’autre. En maintenant cette dynamique, en l’insufflant dans sa culture, en l’établissant dans son organisation, Alphabet s’est doté d’un moyen de ne pas imploser, mais plutôt d’exploser tous les records.

 

En définitive, Google a inventé la firme en G. Le plaisir des utilisateurs est à son comble. Les marques jouissent de services chaque jour améliorés. Les collaborateurs de la firme fantasment sur leurs primes futures. Et les actionnaires exultent. D’autres entreprises que Google, sauront-elles découvrir elles aussi leurs points G ?