Lesquels, des métiers ou des conventions collectives, disparaîtront les premiers ?
En laissant croire que 70% des métiers de demain n’existent pas encore, préparons-nous le terrain à un travail libéré du carcan de toute convention collective. Les conventions collectives permettent de prendre en compte les spécificités de chaque métier, notamment les disparités d’organisation (usine à feu continu, travail de bureau à horaires fixes, professions du loisir travaillant les jours normalement chômés…), la pénibilité du travail et les conditions sociales particulières. Sont-elles vouées à disparaître ?
Si l’époque nous assène que 70% des métiers de demain n’existent pas encore, c’est peut-être aller un peu vite en besogne. Et si en réalité ces supposés nouveaux métiers n’étaient que nos actuels métiers, mais exercés simplement avec de nouveaux outils (numériques notamment), dans de nouveaux contextes comme le télétravail et selon de nouvelles modalités (temps partagé, auto-entrepreneuriat, indépendants, slasheurs…) ? A qui donc profiterait le crime ? Le premier suspect est tout trouvé.
Le principal bénéficiaire serait les entreprises que des conventions collectives obligent à devoir respecter des règles contraignantes en plus d’un droit du travail français déjà considéré comme favorable aux salariés, trop compliqué et inadapté aux réalités d’aujourd’hui. Mais quel serait alors le mobile du crime ?
Le mobile du crime commis pas les entreprises seraient largement entouré de circonstances atténuantes : tentatives d’échapper à une réglementation trop contraignante et parfois caduc, recherche d’agilité pour faire face à une concurrence nouvelle de disrupteurs et d’uberisateurs, allègement des procédures, gains de temps, accélération de la réactivité. Mais au fait, l’assassin aurait-il des complices ?
Le principal complice serait en fait la jeune génération, trop éblouie par un avenir vert et décarboné pour se rappeler les luttes sociales qui rythmèrent l’histoire politique tout au long du XIXème et du début du XXème siècle (1). Sa victime, cette même génération de travailleurs moins protégés que ses aînés.
La jeunesse d’hier brandissait des drapeau rouge sur la barricades de Mai 68, celle d’aujourd’hui un drapeau tantôt vert tantôt multicolore. L’avenir sera-t-il rose ?
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Note:
(1) Rémond, R. (2014). Introduction à l’histoire de notre temps. Editions du Seuil.
