Le secteur de l’agriculture poursuit sa transformation digitale. A moins de 40 ans, l’héritière de l’empire CLAAS est en passe de bouleverser le secteur primaire en inventant l’AaaS (Agriculture as a Service). Quelle classe !

John Deer, le leader américain des tracteurs n’a qu’a bien se tenir. Son pendant européen CLAAS a à sa tête, une femme de tête, les pieds sur terre et la tête dans les nuages du cloud, A seulement 35 ans,  Cathrina Claas-Mühlhauser a repris la société crée par son grand père en 1913 dirige, 11 000 employés et réalise 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

 

Les machines agricoles produites par CLAAS sont incroyablement performantes en combinant big data et conduite autonome. Les véhicules autonomes de Google passent pour très ordinaires comparés à ces tracteurs capables de faire mieux seuls, que guidés par les exploitants agricols qui se cantonnent simplement de les conduire d’un champs à l’autre. Mais CLAAS ne s’arrête pas là et a eu le courage d’entament son auto-disruption en se demandant : et s’il fallait envisager l’agriculture de demain comme un service ? L’entreprise, historiquement fabriquant de machines, s’envisage de plus en plus comme un fournisseur de solutions agricoles globales faisant intervenir la location de machines, connectées à des bases de données, couplées à de l’intelligence artificielle pour optimiser le rendement des terres, améliorer leurs cultures, préserver écosystème. Des capteurs en tous genres permettent d’analyser le sol (humidité par exemple) pour semer à bon escient, récolter au meilleurs moment en fonction des préavisons météorologiques, etc.

 

Une solution cloud permettant de gérer intégralement l’exploitation est désormais opérationnelle. Elle s’appelle 365FarmNet. Initialement un spin off de CLAAS, l’entreprise est à présent une filiale à part entière, hébergée à Berlin au cœur de la Silicon Valley allemande, championne de l’IOT (Internet des objets connectés).

 

C’est donc un nouveau modèle économique que CLAAS est en train de piloter, dans lequel les ressources clefs ne sont plus des ingénieurs en mécaniques et en électroniques spécialisés dans les tracteurs, mais des développeurs informatiques et des data scientists. Les revenus proviennent de moins en moins des ventes de tracteurs mais de contrats de location et d’abonnement au service 365FarmNet. La proposition de valeur ne s’articule plus autour des attributs techniques de véhicules mais de leurs capacités à effectuer intelligemment et de manière optimale les tâches fondamentales de l’agriculture.

 

Sous l’impulsion de société comme CLAAS, l’agriculture entre dans une nouvelle ère. Hier exploitante de la terre, la voici devenue exploitante de données à grands coups de nouvelles technologies. Peut-on encore parler de secteur primaire dans un domaine où les hommes n’ont plus les pieds dans la terre mais sont assis derrières des écrans ? Quant aux nouvelles technologies dont l’emprunte écologique va grandissante, vont-elles conduire, non plus seulement des tracteurs, mais tout un pan de l’économie à générer une nouvelle forme de pollution ?