Extrait du livre Trop bon trop con ? de Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel.

Retrouvez l’interview des auteurs ici.


Ce livre s’adresse à un public varié

 

 

Les gentils qui en ont assez de se faire marcher dessus

 

Ces personnes qui s’exclament régulièrement, sur le ton désabusé de celui ou celle qui vient de se faire avoir, « je suis vraiment trop gentil(le) » sont bien évidemment celles à qui nous nous adressons en premier.

 

Le vécu qui se cache derrière cette phrase lapidaire peut cependant être extrêmement différent d’une personne à une autre : tandis que certaines cherchent juste à récolter un petit compliment du style « c’est vrai que tu es la plus gentille des mamans / copines / compagnes du monde » (toute ressemblance avec une situation existante serait totalement fortuite), d’autres expriment ainsi un véritable désarroi.

 

Clamons-le haut et fort : on peut être gentil sans se faire piétiner tout au long de sa vie professionnelle et personnelle, non mais !

 

Comprendre ses propres besoins et leviers de bonheur, savoir dire non, apprendre à s’affirmer de manière constructive, développer sa confiance en soi sont autant de leviers qui permettent aux gentils de se faire respecter. Nous allons voir dans ce livre comment les activer, car il est important de garder à l’esprit que bienveillance bien ordonnée commence par soi-même.

 

 

Les personnes qui aimeraient développer leur gentillesse

 

Être gentil, ça n’est pas qu’une question de nature, c’est avant tout une question de posture : bien que nous ne choisissions pas toujours ce qui nous arrive au cours de notre vie, nous sommes libres de choisir la manière dont nous décidons d’y réagir. Or, la gentillesse n’est pas un état d’esprit purement immatériel, c’est avant tout une succession de comportements.

Vous en doutez ? Imaginez que votre collègue Jean-Paul passe ses journées à essayer de piquer le boulot de son voisin, à se moquer du petit stagiaire, à vous regarder en se pinçant le nez dès que vous ouvrez la bouche, à fermer la porte de l’ascenseur au nez des gens, à jeter ses confettis par terre devant le personnel de ménage… et qu’il vous raconte à la cantine une anecdote sur sa vie de famille qui se termine par « décidément, je suis trop gentil ». N’allez-vous pas accueillir cette déclaration avec une certaine réserve, voire un franc scepticisme ? Voilà, nous nous comprenons.

 

Cette petite mise au point étant faite, force est d’admettre que, parfois, nous n’exprimons pas pleinement notre gentillesse, par peur d’être perçu comme une personne faible ou sans caractère. Cette crainte nous limite alors, en particulier dans le milieu professionnel. Quel dommage, quand on sait tout ce que la gentillesse peut apporter à un collectif. Nous examinerons donc ensemble les bienfaits qui découlent d’une expression sincère de la gentillesse. Prendre conscience de ces vertus vous permettra d’oser affirmer votre bonté… envers les autres et envers vous-même !

 

 

Ceux qui ont envie d’aider les gentils à trouver leur juste place

 

Tout comme il n’est pas nécessaire d’être une femme pour être féministe, il n’est pas nécessaire d’être gentil avec un G majuscule pour prôner les vertus de la gentillesse !

Bien souvent, lorsque nous croisons une personne particulièrement gentille qui rencontre des difficultés, nous avons envie de l’aider… mais nous ne savons pas toujours comment.

Une réaction spontanée pourra être de prendre sa défense lorsqu’elle se fait attaquer, que ce soit dans la cour de récré, lors d’une réunion de service ou à une fête de famille. Même si ce type de réaction est louable, il n’est pas suffisant, voire s’avère parfois contre-productif : les gentils ont surtout besoin d’apprendre à se débrouiller tout seuls !

À moins qu’ils ne se trouvent dans une situation de domination inextricable, par exemple, un enfant seul face à une bande. Mieux vaut donc leur donner des encouragements, des conseils avisés, des renvois d’images pertinents pour les aider à trouver leur juste place, c’est-à-dire celle qui leur permettra de s’épanouir tout en améliorant le bien-être du collectif dans lequel ils évoluent (familial, amical, professionnel, associatif…).

 

 

Tout le monde en fait !

 

Chercher à redonner à la gentillesse ses lettres de noblesse n’est pas uniquement un comportement altruiste. Comme nous le verrons par la suite, lorsque les gentils disposent de conditions favorables pour laisser libre cours à leur bonté, c’est tout l’entourage qui y gagne, qu’il s’agisse de conditions de vie ou même de performance.

 

Et puis, on ne va pas se le cacher, cela nous ferait un grand plaisir que ce livre devienne un best-seller, alors soyons claires : même si vous êtes un vrai méchant, hybride de Caligula et de Voldemort, qui ne vit que dans l’espoir d’éradiquer la gentillesse, ce livre est fait pour vous ! En effet, rappelez-vous le conseil de Sun Tzu dans son fameux Art de la guerre : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même. »


Le livre : Trop bon, trop con ?, Delphine Luginbuhl, Aurélie Pennel, Eyrolles 2021.