75% des actifs se disent motivés pour changer de travail s’ils y gagnent en équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Là est la clé. Alors, comment intégrer son projet de carrière à son projet de vie, et non plus l’inverse ? Pour répondre, nous avons échangé avec Marina Bourgeois qui co-signe avec Caroline Averty, le livre Trouver sa voie.

 

Bonjour Marina Bourgeois, pourquoi avoir écrit ce livre… maintenant ?

 

Marina Bourgeois : La crise sanitaire que nous venons tous de traverser a eu un impact extrêmement important sur notre rapport au travail, à l’échelle individuelle comme collective. De nouvelles façons de travailler se sont démocratisées (full remote/travail hybride, etc) dans les entreprises, poussant les managers à, parfois, revoir leur copie. A l’échelle individuelle, la distanciation inhérente aux confinements successifs a fait prendre conscience à beaucoup qu’ils n’étaient pas (ou plus) à la bonne place. Le temps passé en famille (même s’il n’était pas toujours simple) a engendré des questionnements sur la place, le sens et la centralité du travail dans nos vies. Dans les faits, cela s’est traduit par un recours massif aux dispositifs permettant de faire le point sur sa carrière, et plus largement, sur sa vie : bilan de carrière, bilan de compétences, coaching carrière, outplacement, etc. Il était donc évident, pour Caroline Averty et moi, de mettre notre expertise à disposition pour les candidats au changement de v(o)ie.

 

Une page de votre livre, ou un passage, qui vous représente le mieux ?

 

M.B. : « Vie professionnelle et vie personnelle sont des vases communicants. Créer une cloison étanche entre les deux n’est pas conseillé dans le cadre d’un projet de changement de carrière. Tout doit être pris en compte, avec une approche globale. Il faut donc déterminer votre projet de vie afin d’y insérer par la suite, votre nouveau projet pro… et non l’inverse ! La première question à vous poser : « comment ai-je envie de vivre ? » 

 

Les tendances qui émergent à peine et auxquelles vous croyez le plus ?

 

M.B. : Il y en a deux très nettes et toutes deux vont dans le sens de la liberté organisationnelle, leitmotiv n°1 aujourd’hui des aspirants à la reconversion professionnelle :

  1. On assiste depuis quelques années à un recours massif à l’entrepreneuriat par les reconvertis, bien souvent lassés du carcan organisationnel salarial : ils ont souffert de manque d’autonomie, de présentéisme obligatoire, parfois d’infantilisation. Ils ont besoin de plus de marge de manœuvre, de pouvoir décider de leur agenda, d’exprimer leur créativité et, plus fondamentalement, de concilier vie professionnelle et vie privée. Ils attendent de l’entrepreneuriat de recouvrer une telle liberté !
  2. Pour celles et ceux restant dans la voie salariale après leur reconversion, la tendance est clairement au travail hybride, voire au full remote. Cela devient une exigence, un critère de décision pour intégrer – ou non – une entreprise. Ces dernières vont devoir s’adapter et devenir attractives sous cet angle en faisant preuve de souplesse et surtout de confiance en leurs collaborateurs.

 

Si vous deviez donner un seul conseil à un lecteur de cet article, quel serait-il ?

 

M.B. : S’inspirer ! Lorsque l’on se pose des questions sur son avenir professionnelle, que l’on est perdu et que l’on ne sait ni vers quoi se diriger, ni par quoi commencer, il est vraiment utile de lire, d’écouter et de rencontrer des personnes « étant passées par là ». Cela permet de désacraliser le questionnement et la montagne que l’on imagine être la reconversion. Pour résumer : ouvrir les écoutilles !

 

En un mot, quels sont les prochains sujets qui vous passionneront ?

 

M.B. : Très certainement l’adaptation des entreprises aux arrivants reconvertis, l’adaptation du monde de recrutement à ces nouveaux parcours non linéaires.

 

Merci Marina

 

Merci Bertrand

 


Le livre : Trouver sa voie, Marina Bourgeois , Caroline Averty, Vuibert, 2021