Les entreprises connaissent leurs lots de dysfonctionnements propres, pour des raisons inhérentes à leur structure, sans lien apparent avec certains facteurs exogènes comme les perturbations du marché. Il est primordial que le management en prenne conscience et associe les collaborateurs à cette réflexion, ainsi qu’à la mise en œuvre de moyens permettant de protéger l’entreprise d’elle-même.

 

Récemment, l’homme d’affaires et écrivain américain Aaron Dignan a fait une découverte étonnante. En pleine Seconde Guerre mondiale, pour permettre aux sympathisants des forces alliées de participer au sabotage de leurs entreprises (dont l’occupant allemand s’était alors emparées pour soutenir son propre effort de guerre), la CIA a rédigé et leur a distribué un manuel de sabotage : « The Simple Sabotage Field Manual », manuel de sabotage simple sur le terrain (ce document est mentionné par Aaron Dignan, dans « Brave New Work », Portfolio Penguin. On peut également le trouver facilement sur Internet, sur Gutenbert.org notamment). Son contenu est édifiant tant il décrit des comportements à privilégier, des méthodes à adopter et des techniques à utiliser proches de ce qu’il se passe aujourd’hui dans beaucoup d’entreprises : multiplication des réunions pas assez préparées, focalisation sur les problèmes, chevauchement des responsabilités, absence de clarté au sujet de qui peut ou doit décider, remise à plus tard au motif d’une analyse supplémentaire nécessaire, distraction des collaborateurs au moyen de tonnes d’informations dont ils n’ont pas besoin, interruption constante des uns et des autres, etc.

 

Les organisations peuvent facilement se dérégler, au point de… Lire la suite

 

Cette chronique a été initialement publiée sur le site de Harvard Business Review France.