Depuis 2007 j’ai un blog. Ces derniers temps, j’ai décidé de beaucoup moins travailler dessus. La raison en est que, malgré tous mes efforts, celui-ci ne décolle pas… au contraire… Avec le temps, j’ai peut-être trouvé la raison (outre mon incompétence bien sûr) : les algorithmes ! Comme souvent sur Internet, on n’est pas dans un monde juste… bien au contraire… et voilà pourquoi…

J’ai écrit plus de 1 400 articles dans mon blog. C’est beaucoup, surtout que la plupart sont des articles de fond sur l’art et les objets d’art anciens, en particulier ceux liés à la mode. On m’avait dit que plus on en écrivait, plus on se retrouvait référencé, et donc avec de plus en plus de visiteurs uniques ! Pendant plusieurs mois, j’en ai même écrit un par jour ! Mais rien n’y a fait… encore une fois : au contraire !

Au tout début, dès mes premiers articles, le nombre journalier des visiteurs uniques était conséquent. Les mois passant, et même quelques années, ce chiffre restait à peu près le même. Il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait, car je suis d’un caractère naïf, mais opiniâtre quant à ma soif de vérité et de savoir. Un jour, un lecteur de mon blog me dit qu’il avait fait de la publicité pour celui-ci sur son compte Twitter auquel plusieurs milliers de personnes étaient abonnées. Je suis allé voir mes statistiques et, en effet, le jour même le nombre des visiteurs de mon blog monta vraiment en flèche. Mais le lendemain, je me suis retrouvé avec un tiers de moins de visiteurs qu’avant, et ce chiffre continua ainsi les mois suivants. J’en ai déduit que les algorithmes de Google classaient les sites dans des catégories que ceux-ci ne devaient pas quitter ; et que si des visiteurs venaient en quantité d’une autre source, les algorithmes réajustaient présentant moins d’articles dans les recherches Google.

Par la suite, j’ai eu plusieurs fois des signes de ces réajustements… et notamment à chaque fois que je faisais de la publicité pour mon travail en envoyant des centaines de courriels, ou en faisant d’autres démarches sur Internet. Systématiquement, alors que les visiteurs hors Google augmentaient, ceux du moteur de recherche diminuaient drastiquement. Les statistiques de mon blog sont claires, et je peux même savoir les articles que Google présente aux internautes lorsqu’ils font des recherches.

Donc plus je faisais des efforts pour faire connaître mon blog, moins j’avais de visiteurs !

Un autre élément qui montre à quel point les sites sont enfermés dans une catégorie, et un nombre de visiteurs que les algorithmes de Google cherchent à fixer, c’est que pendant plusieurs mois j’ai suspendu mon blog, arrêtant d’écrire des articles. Pourtant, à cette période, le nombre de lecteurs est resté le même ; et quand j’ai repris l’écriture, il n’a pas augmenté, et même un peu baissé !

J’ai aussi remarqué… mais là c’est peut-être de la parano, que les visiteurs Google diminuaient lorsque je critiquais Facebook, ou dernièrement la politique face au coronavirus. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, j’ai de deux à plus de trois fois MOINS de visiteurs uniques que j’en avais dans les premiers mois qui suivirent la création de mon blog, il y a treize ans de cela tout de même. Évidemment, d’autres médias ont pris le relai des blogs, comme les vidéos sur YouTube… mais tout de même… Internet nous met dans des cases et nous gère.

Un dernier exemple : Il y a quelques semaines de cela, j’ai publié dans ce blog de Bertrand Jouvenot un article concernant Wikipédia. Celui-ci a été à l’origine de quelques centaines de visiteurs sur mon blog… Et bien patatras… les visiteurs venant du moteur de recherche de Google ont à nouveau chuté. [PS : Au sujet de l’article que j’ai écrit sur Wikipédia, j’ai appris dernièrement que, concernant les droits d’auteur, la législation française était très proche de l’américaine]

Ceux qui travaillent sur Internet sont complètement dépendants de quelques mastodontes comme Google et de ses algorithmes. La démocratie y est inexistante, et les lois et les protections viennent de ces compagnies, celles de l’extérieur étant totalement inefficaces. L’utilisateur n’est donc pas protégé et ne peut pas compter sur un système juste.

On comprend mieux comment la censure contemporaine fonctionne. Du moins c’est un de ses aspects, car il y en a d’autres. J’en parlerai peut-être.

Dans Internet, il n’y a rien de neutre, et on a parfois l’impression d’être comme Don Quichotte face à ses moulins à vent…!

 

Ce billet est un article invité. Il a été rédigé par Richard Le Menn sur le blog de Bertrand Jouvenot.