Mais quelles forces attaquent donc le luxe pour qu’il se sente obligé de contre-attaquer, comme l’indique le titre du livre d’Yves Hanania, Isabelle Musnik et Philippe Gaillochet ? Pour tenter de répondre nous avons interviewé les auteurs.

 

Bonjour, pourquoi avoir écrit ce livre… maintenant ?

 

Yves Hanania, Isabelle Musnik, Philippe Gaillochet : Comme nous l’avons noté en 2019 dans notre premier ouvrage, le luxe avait, à cette date, commencé, d’une part, à relever de nouveaux défis : développement durable et responsabilité sociale et sociétale – et, d’autre part, à inclure le digital dans son fonctionnement et ses rapports avec sa clientèle.

Dès le début de la crise sanitaire, nous nous sommes interrogés : le luxe, dont les ventes se sont effondrées avec le confinement, aurait-il les moyens de se redresser rapidement, d’accélérer ses mutations et surtout d’innover ?

Aujourd’hui, les brillantissimes résultats 2021 du luxe sont supérieurs à ceux de l’avant-crise. Notre livre présente quelques-unes des nouvelles offres et des nouveaux modèles que les marques peuvent développer, grâce à leur exceptionnelle capacité d’intégration des tendances, grâce à leur inventivité et à leurs moyens financiers hors normes.

 

Une page de votre livre, ou un passage, qui vous représente le mieux ?

 

Y.H, I.M., P.G. : Nous n’allons pas pouvoir citer, dans cet échange, le sommaire du livre… Mais pour résumer, ce qui nous intéresse, ce sont les accélérations et les disruptions qui redéfinissent le secteur du luxe, aujourd’hui post Covid et dans les prochaines années, non seulement de la demande mais aussi de l’offre. Notre point de vue porte sur le « nouveau normal » du luxe. Ce second ouvrage analyse comment y répondent et répondront les groupes français, italiens mais aussi leurs concurrents en Europe et dans le monde.

 

Les tendances qui émergent à peine et auxquelles vous croyez le plus ?

 

Y.H, I.M., P.G. : Pour répondre aux besoins de satisfaction personnelle et d’expression individuelle, le luxe va multiplier ses lignes de produits et recourir à la personnalisation extrême que la technologie rendra possible.

La dématérialisation du luxe va également croître, sous forme de services et d’expériences client qui conditionneront les ventes de ses produits physiques.

Le champ du virtuel sera aussi investi par le luxe, bien au-delà des limites du gaming, avec l’aide à la conception, la co-conception, la réalité augmentée, les NFT, les metavers et le metaverse pour la simulation numérique, etc.

 

 

Si vous deviez donner un seul conseil à un lecteur de cet article, quel serait-il ?

 

Y.H, I.M., P.G. : Solliciter la créativité incomparable du secteur et lui faire confiance pour mettre sur le marché des innovations audacieuses.

 

En un mot, quels sont les prochains sujets qui vous passionneront ?

 

Y.H, I.M., P.G. : Nos prochains centres d’intérêt sont, d’abord, le suivi des pistes que nous avons défrichées dans l’ouvrage. Mais, s’il fallait en retenir les plus importants, c’est, d’abord, le retour aux racines du luxe : l’originalité, l’esthétique, la qualité et la distinction dans tous les sens de ces termes.

Autre sujet à surveiller, l’émergence des nouvelles marques et des nouveaux acteurs du luxe – européens, américains, japonais, coréens, indiens et chinois.

Enfin, il nous semble que le luxe doit donner l’exemple de la création d’une réalité virtuelle positive et responsable – un long et difficile chemin.

 

Merci Yves Hanania, Isabelle Musnik, Philippe Gaillochet

 

Merci Bertrand

 


Le livre : Le luxe contre-attaque, Yves Hanania, Isabelle Musnik, Philippe Gaillochet, Dunod, 2022.