Les multipotentiels intriguent, attirent et séduisent de plus en plus les entreprises. Mais trouver leurs places n’est pas chose facile. Heureusement, ils ont désormais un coach tout désigné et rien que pour eux : Sonia Valente. Nous n’avons pas résisté une seconde de plus à l’envie de lui poser une question qui tue : Que se disent deux multipotentiels lorsqu’ils se retrouvent à la machine à café de l’entreprise ?

Sonia Valente : J’ai pour habitude d’aborder ce sujet sur un ton sérieux, me faisant (à mon humble niveau) défenseur des multipotentiels. En principe, j’aurais commencé par définir ce que j’entends par profil multipotentiel avant de vous lister les (nombreux) points de discussion entre deux multipotentiels qui se retrouvent à la machine à café de l’entreprise. Puis, en lisant la question, j’ai tout de suite pensé à la série « Caméra café » qui avait le don de déclencher chez moi quelques barres de rire. J’ai donc eu envie de faire différemment en choisissant un angle humoristique qui frôle l’autodérision.
Avant de vous jeter dans la lecture de cet échange aux allures de satire, sachez que je suis moi-même multipotentiel ! Second degré exigé 😉
C’est parti !
Imaginez une femme et un homme multipotentiels, salariés dans la même entreprise. La première, que l’on appellera Sophie, travaille au service commercial. Le second, que l’on appellera Dimitri, est au service informatique. On est lundi. Il est 10h, l’heure de la pause-café.
Sophie rejoint Dimitri qui lui a déjà préparé son café sans sucre.
-Bon week-end ? demande Sophie.
-J’ai eu une idée géniale ! Alors voilà, j’étais en train de réparer le vélo de ma fille quand je me suis dit « et si je montais mon propre atelier de réparation de vélo ?! »
Il poursuit sur un ton exalté :
-J’ai passé mon dimanche à lire tout ce que je pouvais sur la réparation des vélos, à réfléchir à un modèle de business plan.
-La semaine dernière, tu ne m’as pas dit que tu voulais travailler dans la communication RH ?
-Oui, c’est vrai. J’aime toujours cette idée…D’ailleurs félicitations Sophie, j’ai cru comprendre que tu avais mis en place une stratégie commerciale bien rodée !
-Merci. Le truc c’est que depuis que c’est terminé, je m’ennuie comme pas possible !
-Tu te souviens de ce qu’on s’était dit ? J’ai parié que tu ne tiendrais pas 2 ans avant de quitter cette boîte.
-Tu peux parler, ça fait 5 ans que tu rêves de partir et t’es encore ici à boire ce café rempli de tartre et à baver sur les entrepreneurs qui passent le dimanche soir sur M6 dans l’émission Capital.
Oui, Sophie est une femme directe qui ne met pas de gants pour dire les choses.
-Mais je vais le faire ! lui répond Dimitri, touché dans son ego.
-Dis-moi, tu ne veux pas être comme Sabine de la compta qui fait la même chose depuis 20 ans ?
-Bien sûr que non ! dit-il avec un froncement de sourcils qui démasque son dégoût à l’idée de faire le même métier toute sa vie.
-On est d’accord. Dès que tu as une nouvelle idée, tu es toujours enthousiaste. Mais ton problème c’est que tu as peur de passer à l’action. Tu veux créer ton atelier de réparation de vélo ? Fonce ! Ici, tu n’apprends plus rien. Suivre une formation, proposer un nouveau projet, c’est un parcours aussi difficile que Koh Lanta. Trop de process.
-Mon problème c’est que j’ai trop d’idées, je n’arrive pas à en choisir une.
-Tire à pile ou face ! Dans tous les cas, tu peux être sûr que ta prochaine expérience ne sera pas la dernière de ta vie.
Sophie sort une pièce de monnaie de la poche avant de son jean.
-Pile tu montes ton atelier de réparation de vélo. Face tu pars en communication RH.
Sophie lance la pièce, la retourne sur le dos de sa main. Leurs regards se fixent. Dimitri sent son pouls légèrement s’accélérer.
Face.
-Et si je faisais les 2 ? suggéra Dimitri.
Merci Sonia pour cette « réponse qui tue »
Merci Bertrand

Le livre de Sonia : Comment trouver sa place quand on ne rentre pas dans les cases ?, Sonia Valente, Eyrolles, 2021.

 

 


Le principe de la Question qui tue et les règles du jeu sont simples :

1 – L’interview est composée d’une seule et unique question.

2 – Celui ou celle qui répond, doit le faire exclusivement par écrit, via e-mail.

3 – L’interviewé a carte blanche et je n’interviens aucunement sur sa réponse.

4 – La réponse doit contenir à minima une dizaine de lignes, mais peut faire plusieurs pages et pourquoi pas, devenir le point de départ d’un prochain livre de l’interviewé.

5 – Toutes les photos, tous les liens hypertextes, toutes les vidéos, sont les bienvenues.

6 – L’interview est publiée sur le blog de Bertrand Jouvenot et sur Linkedin

7 – L’interviewé fera de son mieux pour répondre aux commentaires laissés sur Linkedin et Twitter notamment.