Vous venez de recevoir une offre d’un fournisseur avec qui vous n’avez pas l’habitude de travailler. Ou vous êtes sur le point de conclure un contrat avec une entreprise ou une personne avec qui vous n’avez jamais fait affaire avant.
Il existe bien sûr des outils financiers vous permettant de vous protéger mais le simple fait de les enclencher est déjà un stress.
Dans votre organisation commerciale, il serait bon d’introduire quelques outils de vérification. De façon systématique et pas seulement quand vous avez un doute. Le faire uniquement quand vous avez un doute veut dire se fier à son instinct. La pire chose qu’un enquêteur puisse faire est justement se fier à son instinct car il le trompera souvent.
Durant l’été 2021, un importateur de bois m’a contacté. Il avait reçu des offres de 8 fournisseurs ukrainiens et comme les prix étaient très bas, il avait quelques doutes. Il ne voulait pas que j’enquête sur chaque entreprise en détail, mais que je jette un coup d’œil au cas où je trouverais quelque chose d’étrange. C’était important car pour passer une commande, il devait payer la livraison avant qu’elle ne soit envoyée.

Pour chaque entité, j’ai vérifié :
– La date d’enregistrement du site web. Ce que vous pouvez facilement faire en tapant le nom de la société sur un site comme https://www.whois.com
Si la date d’enregistrement du site est récente, ça doit sonner comme un signal d’alarme. Ce n’est pas rédhibitoire, mais vous savez que vous devez commencer à faire attention.
– L’enregistrement de la société dans le registre du commerce ukrainien. Pratiquement tous les pays ont un registre accessible au public.
– Que le numéro de téléphone principal figurant sur le site web ne se trouve pas sur des dizaines d’autres sites web. Vous allez sur Google et vous tapez le numéro de téléphone entre « « .
– L’adresse e-mail fournie par le site pour voir si elle ne se trouve pas sur des sites d’arnaque en ligne. Vous tapez simplement l’adresse email sur Google, toujours entre « « pour être certain de n’obtenir que les résultats demandés.
– Pour chaque nom de domaine, j’ai regardé s’il y avait des critiques en ligne et une présence sur les réseaux sociaux.
– Localisation sur Google map de l’adresse officielle fournie par le site. C’est comme ça que vous constaterez que l’entreprise n’a aucune présence physique ou que ce que vous voyez n’est pas très plausible (l’adresse vous donne le bureau de poste local par exemple)

Enfin, j’ai regardé si le représentant de l’entreprise avait une existence sur les réseaux sociaux. Pour cela, j’ai utilisé le site de traduction deepl.com car mon niveau d’urkrainien est inexistant.
Après mon cinquième rapport, le client m’a dit qu’il n’était pas nécessaire de continuer et que je pouvais envoyer ma facture.
Tous les sites étaient bidons, sans exception. Presque tous les sites venaient d’être mis en ligne. La
plupart des sociétés n’existaient pas. Les adresses aboutissaient à des terrains vagues…
La procédure ci-dessus ne nécessite pas que vous soyez diplômé de l’Académie du FBI. Elle prend de 30 minutes à une heure de travail et permettra à certains d’entre vous d’économiser beaucoup d’argent.
Bien sûr, dans certains cas, une enquête plus approfondie peut être utile. L’objectif de cet article est de vous montrer qu’il est très facile d’éviter la plupart des escroqueries. Pas toutes, bien sûr, mais la plupart.
(extrait de « le renseignement offensif », Philippe Dylewski, Agakure Editions, https://www.amazon.fr/Renseignement-Offensif-techniques-entreprises-ailleurs/dp/B08XQWRVFZ