La personnalité mystère #8
Qui suis-je ?
Aller au bout de ses rêves et découvrir ce que cela révèle de soi : c’est ainsi qu’elle conçoit une biographie.
Diplômée à vingt et un ans de l’École Supérieure de Commerce de Lille, devenue depuis SKEMA, elle décroche un premier poste qui l’emmène en Allemagne, puis en Autriche, pendant deux ans. Un emploi solide, un appartement, une voiture : tout ce qu’il faut pour se sentir installée. Elle quitte pourtant tout pour partir en Amérique du Sud, sac au dos, avec trois dollars par jour.
Cette rupture, qui déroutera plus tard les chasseurs de têtes, lui enseigne une première leçon : avec presque rien, on peut créer beaucoup. Suit une année à New York, où elle prend la responsabilité d’une filiale d’une société française. Un défi relevé avec brio, qui fait naître une conviction qui ne la quittera plus : l’énergie et l’audace comptent souvent davantage que l’expérience.
De retour en France à vingt-quatre ans, parlant anglais, allemand, espagnol et français, elle rencontre recruteurs et DRH les uns après les autres. La réponse est toujours la même : trop singulière, elle ne rentre dans aucune case. Jusqu’à ce que l’un d’eux lui dise ne voir qu’un seul patron sur la place de Paris capable d’avoir pour elle un coup de cœur : Jean-Louis Servan-Schreiber.
En 1981, celui-ci lui confie, à L’Expansion, un projet avec l’université de Princeton et la *Harvard Business Review*. Cette rencontre lui enseigne que la singularité, loin d’être un obstacle, conduit à croiser la route de personnalités singulières, capables de la reconnaître et d’y croire.
Son père lui dira un jour : « La plupart de tes contemporaines vivent en monochromatique, tu as choisi une vie haute en couleur, je suis fier de toi. Fonce ! »
S’enchaîne alors une carrière dans le marketing international, très vite dans l’univers du luxe. En 1984, à vingt-huit ans, elle entre chez Cartier. Alain-Dominique Perrin l’adoube et lui confie la supervision d’une partie du monde. Elle prend ensuite la Master License Yves Saint Laurent à l’international, avec un chantier de taille : reprendre en main le marché japonais, redresser la barre et changer l’image de marque. Sa perspicacité et sa capacité à convaincre le vice-président de Seibu lui permettent de relever ce défi.
À trente ans, elle rencontre son mari. Quarante ans plus tard, elle se dit toujours extrêmement amoureuse de cet homme. En 2013, elle crée le programme Réveillez l’Amoureuse en Vous, suivi par mille femmes et toujours sollicité aujourd’hui : la preuve, à ses yeux, que l’amoureuse, la mère et la femme puissante socialement peuvent cohabiter.
Son fils naît en 1988, sa fille en 1993.
En 1991, elle cocrée Exporevue, magazine d’art contemporain en ligne dont elle est toujours directrice marketing. Elle y devient critique d’art, écrit sur les plus grands artistes et les grands événements internationaux. En 2008, la fondation MOFFART la classe parmi les trois meilleures critiques d’art européennes sur Internet.
À quarante ans, elle se tourne vers l’art comme une nécessité intérieure, avec une formation technique exigeante héritée du Quattrocento et du nombre d’or. Deux ans plus tard, elle expose aux États-Unis, puis partout en Europe, et ses œuvres rejoignent notamment des collections comprenant des Mondrian et des Chagall. Elle en retient une leçon simple : lorsqu’un don rencontre la passion nécessaire pour l’exprimer, la reconnaissance peut suivre, souvent bien au-delà de ce que l’on imaginait.
L’écriture, corollaire naturel de son travail d’artiste, l’accompagne depuis toujours. Elle publie *Inclassable, itinéraire d’une chamane contemporaine*, vingt et une nouvelles autobiographiques dont deux reçoivent le prix de la nouvelle et sont éditées pour leur qualité d’écriture.
Elle se forme également comme thérapeute aux constellations systémiques familiales, dans une approche humaniste et jungienne, au plus près de ce que chacun est vraiment.
Elle accompagne aujourd’hui des membres de Comex, des PDG de grandes maisons, des leaders en transition et des personnalités politiques, femmes et hommes, pour qui l’excellence extérieure ne suffit plus. Elle se définit comme le croisement de quatre forces : la connectrice, le colibri, l’influente et l’hédoniste. Un équilibre qui fonde sa stabilité intérieure et sa capacité à accompagner les autres vers la leur, en réactualisant l’enfant intérieur qui, selon elle, doit toujours conserver sa place au sommet de notre comité de pilotage intérieur.
En septembre 2026, elle publie son livre signature, « Une nouvelle voie pour les femmes de pouvoir. Briser le plafond de verre intérieur », aux Éditions Diateino. Elle y explore la manière dont les femmes arrivées au sommet peuvent enfin exercer leur pouvoir sans se trahir, en déposant l’armure qui les a longtemps protégées.
Cette réflexion se révèle aussi un formidable laboratoire pour accompagner les hommes vers un leadership plus humaniste et plus juste, à la mesure du monde qui vient.

