Les programmeurs du monde entier utilisent l’anglais ; un anglais qui s’invente au fur et à mesure que les technologies évoluent. De nouveaux mots sont continuellement élaborés. Le monde numérique possède donc sa propre langue, celle-ci étant subdivisée en plusieurs autres langages : de programmation, de définition de données, de requête, de balisage…

L’informatique répand une langue au niveau mondial. Comme la langue est une vision du monde, cette vision devient mondialisée et unique. Cette langue internationale est anglaise… ou plutôt américaine, et cette vision est celle véhiculée par cette communication.

Sur les sites en langue française, le mélange de français et d’anglais se retrouve partout, et montre à quel point la France est sous influence, comme le reste du monde. Il s’agit d’une étape au-dessus du franglais qui s’inscrit dans l’uniformisation mondialisée de la culture. Je l’appelle le « franglish »

Une résistance serait de n’employer, dans nos discours, aucun mot anglais ou seulement ceux issus de l’ancien français, comme le sont plusieurs termes anglais ; mais on en est loin. Ce site même, qui fait pourtant un bel effort de « françois » (comme on dit dans l’Ancien Régime, à prononcer « franssouè » paraît-il), comporte de ce franglish ; surtout que, je le répète, Internet et l’informatique en général utilisent l’anglais comme langage source.

On est loin du temps des précieuses qui, afin de lutter contre la barbarie environnante, s’appliquaient à affiner la langue française. Aujourd’hui, et depuis déjà longtemps, on nage dans le langage américain, compresseur mondialisé de la pensée et du goût uniques.

Le franglish est une forme de pollution… une autre parmi beaucoup trop ! Aujourd’hui, quand on parle d’environnement, c’est surtout du naturel, alors que tous nos environnements sont touchés par leur appauvrissement voire la disparition de pans entiers. C’est le cas pour la culture française, et sa langue qui la porte. La langue est une manière de penser, d’envisager la vie… Utiliser l’anglais partout c’est dire que l’on veut un monde uniforme, mondialisé… morne…

Faisons un effort. Retrouvons notre langue et réinventons-la de manière poétique, et non pas en suivant comme des moutons la pensée unique. Évidemment, ce n’est pas évident quand on travaille dans l’informatique, ou que l’on écrit dans des sites sur ce domaine. Mais cela devrait être le cas en général lorsque nous écrivons ou parlons ! Faisons l’effort !

 


Ce billet est un article invité. Il a été rédigé par Richard Le Menn sur le blog de Bertrand Jouvenot.