Pour son septième livre, Bertrand Jouvenot nous propose pas moins de 500 réflexions sur le digital. A l’occasion de la sortie en librairie de 500 Réflexions Digitales pour briller en société, Bertrand m’a demandé lesquelles de ces réflexions j’ai préférées. Comme il avait eu la gentillesse de m’interviewer au sujet de mon propre livre Open Innovation, pourquoi, comment ? sur son blog, je me suis volontiers prêtée à l’exercice en me plongeant dans le tome 1 (de cette série prévue pour être en trois volumes). Sa lecture s’est révélée plus que passionnante, excitante. Voici donc ma sélection.

 

Bertrand Jouvenot, dans ses réflexions sur le digital, fait preuve d’érudition (c’est un fin connaisseur des technologies, des écosystèmes et des problématiques digitales) mais surtout d’une pédagogie jouissive, qui catapulte les sujets rupturistes dans des référentiels mieux connus. C’est tout l’art du pédagogue, que de nous faire croire qu’on aurait pu y penser tout seul…

 

Parmi cette kyrielle de petits articles sur les questions profondes ou anecdotiques du monde digital, j’ai absolument adoré « Allégorie de l’algorithme » qui fait intervenir Platon et sa bande de disciples indisciplinés. Le sujet est de taille : peut-on croire ce qu’on trouve sur le net ? ou, sur un ton parfaitement platonicien, « comment nous y prendre pour connaître la vérité ? »

 

Avec ses disciples apprentis philosophes, son Platon reprend le mythe de la caverne et le fameux sujet de l’illusion de la vérité. La démonstration est bien troussée : à partir de citations attribuées à tort à Marx ou Einstein, Platon explique comment les algorithmes qui nous délivrent la soi-disant vérité, ne sont que l’écho du critère de pertinence construit par un volume conséquent d’internautes qui « valident » une réponse. « Chaque fois qu’une personne clique sur un site qui attribue à Einstein cette citation, Google en tient compte pour faire d’autant plus ressortir ce site, la prochaine fois qu’un nouvel utilisateur effectue la requête. » Google est donc le mur du fond de la caverne, totalement incapable de produire une information véridique, mais capable de restituer une croyance dont la seule caution est le nombre de personnes qui y souscrivent.

 

Qu’est-ce donc qu’une fake news ? C’est une rumeur authentifiée par le digital et dont le nombre d’occurrences constitue une ombre de vérité…

 

Outre que cette analyse est très juste, cet article est savoureux sous sa forme de dialogue platonicien avec des disciples dont toute ressemblance avec des acteurs existants ne serait évidemment que fortuite : Tweetocrite, Weboclite, Digitalophon et Instagramandre. Sur le fond, ce texte renvoie à l’excellent livre de Cathy O’Neil (Algorithmes, la bombe à retardement) qui rappelle de façon essentielle que les algorithmes sont des programmes programmés par des programmeurs, lesquels ne sont pas exempts de biais cognitifs, et à partir de séries de données elles-mêmes conditionnées par le contexte de leur recueil.

 

Merci Bertrand pour ces pensées digitales, à consommer sans modération, et qui évangélisent sur un ton primesautier des vérités profondes. Il va sans dire que je recommande chaudement cette lecture. Chacun, passionné par la technologie, le digital ou l’innovation, en fera son miel (d’abeilles en voie de disparition…).

 

Marie Cécile Rochet

 

Auteur de « Open Innovation, pourquoi, comment ? » Editions Maxima 2019. Sans oublier le livre de Bertrand :

 


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